
Matthieu 4 : 17 et Jean 17 : 4
Trois ans séparent ces deux versets. Trois ans durant lesquels un homme a tout fait. Il a marqué le monde de son empreinte. Il a vécu pendant trente trois ans mais trente ans dans l’ombre. Ces trois ans font qu’il y a un avant et un après lui. Il a changé le cours de l’histoire en trois ans. Au terme de son parcours sur terre, il n’a pas peur de dire : « J’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée ». Durant ces trois ans de trente à trente trois ans, il a apporté un message révolutionnaire qui a changé la vie des hommes. Il a apporté le salut dans la vie des gens ; des prostituées se sont mises à servir Dieu ; des péagers corrompus sont devenus des hommes intègres et honnêtes ; il a guéri des malades et il a libéré les captifs ; il a enseigné aux foules mais il s’est investi aussi en douze personnes qui ont continué le travail après lui. Il les a tellement impactés que même quelque temps après, de ces hommes il sera dit : « Ils ont envahi Jérusalem de sa doctrine ». Il a tellement influencé les gens en trois ans que dix ans après à plusieurs kilomètres de Jérusalem, voyant les gens qu’il a influencés, l’on dira : « Ces hommes qui ont changé le monde, qui ont bouleversé le monde sont arrivés ici ». De trente à trente-trois ans. Brève période mais impact maximal. Comment a-t-il pu en si peu de temps faire beaucoup ? Quel était son secret ? Qu’a-t-il fait que nous pouvons aussi faire pour avoir le même résultat ? Qu’est-ce qu’il connaissait que nous ne connaissons pas ou nous connaissons mal qu’il nous faut connaître pour avoir le même résultat?
Trois choses ont fait qu’il fasse la différence, et peuvent faire que nous aussi nous fassions la différence : la connaissance de la valeur du temps, l’importance de la préparation et la connaissance de ce que nous sommes.
I. LA CONNAISSANCE DE LA VALEUR DU TEMPS
a) Jésus connaissait la valeur du temps. Le temps est comme de l’argent, c’est un capital. Nous en disposons tous la même quantité. Certains le fructifie et en tire le maximum, d’autres le dilapide, le gaspille. Tout dépend de ce que nous allons faire de ce précieux capital. Christ a su la valeur du temps et il a su utiliser le temps. Il savait une chose qu’il nous faut savoir pour être efficaces et efficients. Dans sa connaissance de la valeur du temps il savait que son passage sur terre était limité, conscient qu’il avait une vision, conscient qu’il avait une mission. Mais cette vision et surtout cette mission était appelée à s’accomplir dans le temps. Il savait qu’il n’avait pas l’éternité mais une portion du temps bien définie pour accomplir des choses. Nous voyons la conscience qu’il avait de la fluidité du temps. Il dit : « Il faut que je fasse, tandis qu’il est jour, les œuvres de celui qui m’a envoyé ; la nuit vient, où personne ne peut travailler » (Jean 9 : 4). Il savait qu’il ne resterait pas éternellement et surtout pas éternellement actif. Il avait un chrono, il voyait les aiguilles s’avancer, et il se disait : « Je dois tout faire pendant ce laps de temps ». Alors qu’on lui dit qu’Hérode cherche à le tuer, à arrêter son parcours, il donne une réponse qui montre encore combien il avait conscience du temps limité. Il dit : « Allez, et dites à ce renard : Voici, je chasse les démons et je fais des guérisons aujourd’hui et demain, et le troisième jour j’aurai fini » (Luc 13 : 32). Il savait qu’il n’avait pas tous les jours mais des jours déterminés durant lesquels il était appelé à faire des choses. La version « Parole vivante » dit : « Au troisième jour, j’aurai achevé ma tâche ». Plusieurs vivent comme ils ont toute l’éternité, comme si le temps n’a pas d’influence sur la qualité de vie. Plusieurs n’ont pas la notion du temps qui passe. Moïse a fait cette belle prière : « Enseigne-nous à bien compter nos jours, afin que nous appliquions notre cœur à la sagesse » (Psaume 90 : 12). Oui, enseigne-nous à avoir conscience du temps qui passe afin que riches de cette connaissance nous vivions d’une certaine manière. David a fait aussi cette belle prière : « Eternel ! dis-moi quel est le terme de ma vie, quelle est la mesure de mes jours ; que je sache combien je suis fragile » (Psaume 39 : 5). Sous l’inspiration, Luc relate ce discours de Paul : « Or, David, après avoir en son temps servi au dessein de Dieu, est mort, a été réuni à ses pères, et a vu la corruption » (Actes 13 : 36). Une version dit : « Durant la saison qui lui a été donnée », une autre plus dynamique : « Durant le quart de temps qui lui a été donné ». Il a servi au dessein de Dieu mais il a fait durant le quart de temps qui lui a été donné.
Qu’on le veuille ou non le temps passe. Que Dieu nous aide à être conscients du temps qui passe. Christ est quelqu’un qui connaissait la valeur du temps. Il savait qu’il avait très peu de temps. Le fait de connaître qu’on a très peu de temps ou qu’on en a de manière limitée, entraîne trois conséquences que nous retrouvons déjà chez Christ mais qui doivent aussi se retrouver chez chacun de nous. Le fait que l’on sait qu’on a un temps limité nous amène premièrement à planifier, deuxièmement à classer les activités selon les priorités et troisièmement à être discipliné. C’est seulement dans cette mesure que l’on peut avoir de l’efficacité et de l’impact.
Le verbe « planifier » cache trois activités principales. Planifier veut dire premièrement organiser suivant une structure déterminée. Est-ce que votre temps est organisé ? Est-ce que vous savez ce que vous allez faire ? Est-ce qu’en vous réveillant le matin vous pouvez dire : « Mon temps est organisé comme ça » ? « Mon mois est organisé comme ça » ? « Mon année est organisée comme ça » ? Deuxièmement, planifier veut dire disposer d’une manière réfléchie. Troisièmement, planifier veut dire combiner les éléments ou les choses d’un ensemble d’une certaine manière en vue d’un résultat. On n’est jamais efficace au hasard. Quelqu’un a dit : « Les résultats qu’on obtient au hasard, on ne sait pas les reproduire ». La planification suppose la connaissance mais aussi la réflexion. En lisant la parole de Dieu, nous constatons combien la réflexion y occupe une place importante. Pour certains, réflexion et spiritualité s’excluent. Et pourtant la bible dit : « Celui qui réfléchit sur les choses trouve le bonheur » (Proverbe 16 : 20). Celui qui entre à l’intérieur des choses trouve le bonheur. La bible parlant de la femme vertueuse dit : « Elle pense (réfléchit) à un champ, et elle l’acquiert » (Proverbe 31 : 16). Une autre version dit : « Elle réfléchit sur le comment acquérir un champ et finit par l’acquérir parce qu’elle l’y a réfléchi». Parlant d’Isaac, la bible dit : « Un soir qu’Isaac était sorti pour méditer dans les champs, il leva les yeux, et regarda ; et voici, des chameaux arrivaient » (Genèse 24 : 63). Non seulement il aimait la réflexion mais il avait aussi un endroit de réflexion. La bible dit : « Les pensées dans le cœur d’un homme sont des eaux profondes mais l’homme intelligent sait y puiser ». La bible nous présente Pierre réfléchissant même sur les choses spirituelles. Il venait de recevoir une vision. La bible dit : « Et comme Pierre était à réfléchir sur la vision, l’Esprit lui dit : Voici, trois hommes te demandent » (Actes 10 : 19). L’Esprit ne vient aider que ceux qui font le premier pas.
Christ planifiait. La planification veut dire : Je sais ce que je dois faire, alors je réfléchis sur le comment le faire. Les Evangiles nous présentent un Sauveur organisé dans l’utilisation de son temps. Il a commencé son ministère, il a fait un merveilleux travail en un endroit, alors qu’il disparaît à un moment, la bible dit que tous le cherchent, mais il était tellement organisé dans son temps qu’il savait que ce qu’il devait faire là était fini et qu’il devait se mouvoir. Il dit : « Allons ailleurs, dans les bourgades voisines, afin que j’y prêche aussi ; car c’est pour cela que je suis sorti » (Marc 1 : 38). Il avait très peu de temps mais un temps organisé. Ce qu’il devait faire là était fini. Ils avaient besoin de lui mais son temps lui voulait ailleurs. Que Dieu nous apprenne à organiser notre temps, à attacher l’activité qu’il faut au temps qu’il faut pour les résultats qu’il faut. Il dit : il faut aussi. La bible nous montre combien il avait le sens de la direction dans son organisation. Il a fini de faire son travail en un endroit, la bible dit : « Ce même jour, sur le soir, Jésus leur dit : Passons sur l’autre bord » (Marc 4 : 35). La bible dit : « Lorsque le temps où il devait être enlevé du monde approcha, Jésus prit la résolution de se rendre à Jérusalem » (Luc 9 : 51). Dans l’organisation de son temps, là, ses activités étaient finies. Il avait un point focal qui l’attendait quelque part. C’est dur mais il devait y aller.
Dans l’organisation de son temps, dans sa planification, Jésus enseignait en général mais en particulier à ses disciples il enseignait des vérités cachées. Un emploi du temps organisé. Il parlait en paraboles au public mais en privé il s’ouvrait. Disponible pour ses disciples en privé pour leur dire des choses parce qu’il avait prévu cela dans son temps. Si nous voulons avoir des résultats, il nous faut savoir gérer notre temps. Et dans la gestion du temps il y a la planification.
b) Il savait établir des priorités. Qu’est-ce donc une priorité ? Etymologiquement priorité veut dire ce qui doit venir avant, à cause de sa valeur, de son importance. Deuxièmement, priorité veut dire ce qui a droit à être en premier à cause de l’influence qu’il peut avoir sur les autres. Dans la vie, tout n’a pas la même importance et la même valeur. C’est à nous de définir avec Dieu nos priorités dans la vie. C’est nous qui accordons la valeur aux choses, aux activités. C’est à nous d’imposer nos priorités aux autres, et n’ayons pas honte de l’impopularité, de l’incompréhension en les imposant. Le succès n’est jamais un hasard, il répond à des principes, à des lois. Sur le chemin de la vie, il arrivera toujours un moment où plusieurs activités appelleront notre participation mais c’est à nous de faire le choix. Tout n’a pas la même importance, la même valeur. C’est à nous de définir ce qui est important. La bible nous présente une drôle réaction de Christ : apparemment il arrête une activité pleine de spiritualité parce qu’il estime que la priorité pour ce temps-là, c’est autre chose. La bible dit : « Aussitôt après, il obligea ses disciples à monter dans la barque et à passer avant lui de l’autre côté, vers Bethsaïda, pendant que lui-même renverrait la foule. Quand il l’eut renvoyée, il s’en alla sur la montagne, pour prier » (Marc 6 : 45-46). La foule a faim, soif, mais Christ la renvoya puisque la priorité du moment était de rester seule et de prier. Combien de fois là où nous devons rester seuls, nous préférons rester avec la foule. Christ a envoyé ses disciples, ils ont fait un grand travail avec lui. La bible dit : « Les apôtres, s’étant rassemblés auprès de Jésus, lui racontèrent tout ce qu’ils avaient fait et tout ce qu’ils avaient enseigné. Jésus leur dit : Venez à l’écart dans un lieu désert, et reposez-vous un peu. Car il y avait beaucoup d’allants et de venants, et ils n’avaient même pas le temps de manger » (Marc 6 : 30-31). Il y a quelque temps la priorité c’était l’activité, maintenant c’est le repos.
Sur le chemin de la vie c’est à vous de définir les priorités. Et Qui dit priorité dit aussi savoir dire non à certaines activités. Christ est en train d’aller quelque part, quelqu’un veut solliciter son temps. La bible dit : « Quelqu’un dit à Jésus du milieu de la foule : Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. Jésus lui répondit : O homme, qui m’a établi pour être votre juge, ou pour faire vos partages ? » (Luc 12 : 13-14) Certains ne vont pas de l’avant parce qu’ils ont difficile à dire non. Mais Jésus, ici, a dit : non. La priorité voudrait aussi que quelque fois on arrête de faire ce que l’on aime pour faire ce que l’on n’aime pas et faire ce que l’on doit faire. La bible dit : « Vers le matin, pendant qu’il faisait encore très sombre, il se leva, et sortit pour aller dans un lieu désert, où il pria » (Marc 1 : 35). Alors que les autres ont préféré dormir, il a laissé le lit parce qu’il devait s’équiper. La bible montre combien son sens des priorités l’a amené à changer même l’ordre naturel des choses. Il est dit : « En ce temps-là, Jésus se rendit sur la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu » (Luc 6 : 12). Un temps pendant lequel la priorité pour les autres était le repos, mais lui, à cause des résultats qu’il voulait atteindre, il a changé l’ordre des choses. De fois si vous voulez avoir des résultats anormaux, il vous faut faire des choses anormales. De fois nous voulons avoir des résultats colossaux mais nous faisons des choses comme madame et monsieur tout le monde.
b) Dans sa gestion du temps il était discipliné. Parler de discipline c’est parler de deux sortes de choses : celles que l’on doit obligatoirement faire et que l’on s’impose, et celles qu’obligatoirement l’on ne doit pas faire et que l’on évite en vue d’un objectif que l’on veut atteindre. La discipline a toujours des conséquences, notre côté naturel ne l’aime pas. Deuxièmement, ceux et celles qui ne connaissent pas l’importance de la discipline, la trouvent dérangeante, et même trouvent les disciplinés d’orgueilleux. Troisièmement, la discipline rapporte toujours à celui ou à celle qui l’applique dans sa vie. Dans la vie de ceux qui ont réussi, on y voit toujours en filigrane la discipline. Et discipline veut dire quelque fois routine, faire les mêmes choses. Quelqu’un a dit : « Derrière le succès, il y a la routine », faire les mêmes choses de la même manière. On n’est pas efficace par hasard. La discipline est l’un des éléments qui contribuent au succès. La discipline rapporte toujours. Daniel est élevé en responsabilité, son agenda est collé à celui du roi, il est parmi les six personnalités du pays, et la bible dit : « Lorsque Daniel sut que le décret était écrit, il se retira dans sa maison, où les fenêtres de la chambre supérieure étaient ouvertes dans la direction de Jérusalem ; et trois fois par jour il se mettait à genoux, il priait, et il louait son Dieu, comme il le faisait auparavant » (Daniel 6 : 10). Ces rendez-vous étaient pour lui sacrés. Dans la discipline, on fait les choses non pas parce qu’on veut mais parce qu’on doit les faire, on connait leur implication, on connait ce que ça va nous rapporter. Deuxièmement, cette obligation de faire les choses est liée à l’apport de cet exercice dans notre vie. Un prédicateur a dit : « Sur le chemin de la vie, il y a deux sortes de douleurs : premièrement la douleur due à la discipline et deuxièmement, la douleur due aux regrets. Sur la balance de la vie, les douleurs de la discipline pèsent en milligramme tandis que les douleurs des regrets pèsent en tonnes ». La discipline vous rapporte. Le succès est le fruit du travail, de l’effort, de la discipline. Comme Paul l’écrit aux Corinthiens, il leur dit : Tous ceux qui combattent s’imposent toutes espèces d’abstinence en vue d’un résultat.
Jésus-Christ connaissait l’utilisation du temps de telle sorte que quand il a retiré du temps tout ce qu’il fallait il a dit à la fin : « Tout est accompli ». Si nous voulons en peu de temps accomplir les choses qu’il a accomplies, soyons ceux qui planifient avec lui, soyons ceux qui définissent leurs priorités, soyons des hommes et des femmes disciplinés.